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Biochirurgie de la femme

 

 

Je suis gynécologue, médecin de femmes, travaillant depuis 1968 dans l'intérêt biologique de la femme. Je suis fier du parcours que j'ai vécu et auquel j'ai participé activement en vue de l'amélioration de la prise en charge médicale et chirurgicale de la femme. J'ai assisté à l'empoignade politique et confessionnelle de deux extrémismes féminin et misogyne. Leurs excès ont permis de replacer la femme dans la place légitime qui doit être la sienne dans notre société.

J'ai milité au coté de mes aînés et maîtres pour la liberté enfin reconnue aux femmes de disposer de leur corps et de leur fertilité. J'ai participé, de façon très étroite, à l'avènement d'une chirurgie non mutilatrice, capable enfin de préserver le capital féminin.

Oui c'est vrai, ces dernières trente années ont apporté une véritable mutation dans la conception de notre spécialité et l'on peut dire qu'il y a eu un élan médical et chirurgical autour de la qualité de la vie des femmes. Cette video illustre quelques unes des possibilités biochirurgicales qui sont offertes aux femmes pour amoindrir les effets dévastateurs de la chirurgie classique. Nous ne manquerons pas de développer dans ce site tous les exemples susceptibles d'apporter un progrès au bien être biologique de la femme.

H. Manhès

  

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Biochirurgie : l’eau et la coelioscopie*

“L’eau est un espace germinatif et fécondant véritable source de vie.” Michelet

 

 


Sous forme de liquide physiologique, sérum salé ou ringer lactate, l’eau est loin d’être utilisée à sa vraie valeur biologique en chirurgie. Pourtant, elle apparaît très utile au bon déroulement des procédures. Elle apporte le bain adoucissant à la rudesse mécanique de nos gestes opératoires. Conditionnée en pression et température, elle va ainsi servir sept objectifs :


1. C'est d'abord la "compresse" : elle lave le champ opératoire, dilue les caillots sanguins ou les solutions de forte densité aux fins d'aspiration. Elle diminue également la concentration des liquides péritonéaux en éléments figurés : germes, cellules dysembryoplasiques, endométriosiques ou dysplasiques diminuant par là même les risques de greffe péritonéale. Elle nettoie la lentille du coelioscope parfois souillée par les différentes solutions intra cavitaires et améliore la vision de l’opérateur.


2. L’eau doit être conditionnée de façon à être délivrée sur le site opératoire à une température légèrement supérieure à la température corporelle soit entre 42 et 45°. On évite ainsi les hypothermies parfois dramatiques qui ont été décrites dans les accidents de la coelioscopie. Ce faisant, on récolte un effet biologique intéressant car la température accélère le premier temps de l’hémostase biologique soit la formation du thrombus plaquettaire et de fibrine. C'est ce que nous appelons la thermohémostase.


3. L’eau est également conditionnée à des pressions variant de zéro à 1,5 bars. Cette pression progressive permet d'exploiter les plans de clivage qu’ils soient anatomiques ou pathologiques. Cette action aquatique éloigne l'un de l'autre les deux organes accolés facilitant ainsi les gestes d'adhésiolyse et leur sécurité. C'est ce que nous appelons l'hydrodissection.


4. Dans certaines procédures de destruction du péritoine pathologique, que ce soit avec le laser CO2 ou l'électrocoagulation bipolaire, il est indispensable de protéger les structures sous-jacentes comme les gros vaisseaux du pelvis, l'uretère, la vessie, le rectum. Pour ce faire, il est très facile de créer une fenêtre péritonéale au travers de laquelle on instille une certaine quantité d’eau entre la structure sous-jacente et le péritoine. Cette interface aquatique va servir de bouclier thermique. C'est ce que nous appelons l'hydroprotection.


5. L'hydroflottation. Ce terme s’applique plus particulièrement à la spécialité gynécologique pour laquelle la détection des pathologies affectant la fertilité des femmes est fondamentale. Ces anomalies se retrouvent au niveau du cavum rétro-utérin que je nomme le “Puits de Fertilité” et qui regroupe le cul de sac de Douglas et son liquide péritonéal, les trompes et les ovaires. L’hydroflottation consiste à remplir d’eau ce puits de fertilité pour en effectuer l’inspection subaquatique. On est alors surpris de découvrir à la surface du péritoine des images pathologiques flottantes invisibles sous CO2. La qualité anatomique et fonctionnelle d'un pavillon flottant telle une méduse devient plus évidente. Certaines atteintes en particulier endométriosiques du péritoine du cul de sac de Douglas coloré ou non au bleu de méthylène (test au bleu péritonéal) sont mieux identifiables en hydroflottation. De plus, il est plus facile de reconnaître électivement l'origine d'un saignement en vision subaquatique. Enfin, la flottation des organes pelviens, au décours des adhésiolyses par exemple, contribue à diminuer le risque de recollement précoce.
En étroite collaboration avec nos anesthésistes, nous avons pris l'habitude de laisser une certaine quantité d'eau physiologique (500 à 1500cc) à la fin de la procédure et ceci va servir les deux objectifs suivants.


6. Réanimation : En effet, la dialyse péritonéale remplace ou complète la perfusion intra-veineuse. Par ailleurs, le conditionnement en température de nos liquides physiologiques que nous utilisons en grande quantité dans la cavité participe à la bonne homéothermie corporelle.


7. Antidouleur : Enfin cette eau, abandonnée en fin d’intervention, va servir à l’atténuation des douleurs post-opératoires que l’on impute généralement au gaz CO2. Ces douleurs se présentent sous la forme de scapulagies droites ou gauches, de pseudo coliques hépatiques. La patiente est remise à plat puis l’insufflateur est débranché. Le coelioscope, après une dernière inspection, est retiré. Le trocart ombilical est alors ouvert pour égaliser les pressions abdominale et atmosphérique, puis soulevé alors que l’autre main à plat sur la paroi abdominale exprime les derniers cc de CO2 à la surface du liquide. Cette technique du “coincer la bulle” contribue à diminuer de façon très significative ces douleurs abdominales et scapulaires postopératoires.


Rappelons les sept fonctions de l'eau :


compresse
thermohémostase
hydrodissection
hydroprotection
hydroflottation
réanimation
antidouleur